Continuité écologique dans le département des Deux-Sèvres

 
 
Continuité écologique dans le département des Deux-Sèvres

Le département des Deux-Sèvres est concerné par un réseau de plus de 6000 kilomètres de cours d’eau qui participent à la qualité de ses paysages et de sa biodiversité. Cependant, la majorité d’entre eux présente un état moyen, mauvais, voire très mauvais et seuls 10 % des cours d’eau sont considérés comme étant en bon état

 -> voir la carte des cours d'eau en Deux-Sèvres .

Préserver la continuité écologique et sédimentaire des cours d’eau, voire la restaurer dans les secteurs qui n’assurent plus un écoulement naturel suffisant, constituent un objectif central de nos politiques publiques environnementales. En 2000, la directive européenne sur l’eau (DCE) fixait l’objectif général de non-dégradation et d’atteinte du bon état de tous les cours d'eau d’ici à 2015. Or, à ce jour, il convient de constater que cet objectif est loin d’être atteint puisque, en Deux-Sèvres, 78 des 80 portions de cours d’eau définies risquent de ne pas atteindre cet objectif.

 Le retour à un fonctionnement naturel des rivières est un élément essentiel de l’atteinte du bon état écologique. Or, la deuxième moitié du XXe siècle a été marquée par des aménagements importants dans les campagnes, notamment en matière de remembrement agricole. Les cours d’eau n’ont pas échappé à ce mouvement, subissant recalibrages et canalisations pour moins contraindre l’exploitation des milieux agricoles. (voir les ouvrages et leur statut juridique )

La construction de barrages droits ou à clapets en travers des rivières appartient à cette histoire récente des territoires ruraux. Ces barrages sont venus entraver le cours des rivières, s’ajoutant aux chaussées historiques des moulins, témoins d’un passé ancien où la force hydraulique représentait une des principales forces de travail. Les quelques 2 000 ouvrages qui contraignent aujourd’hui l’écoulement de nos rivières en Deux-Sèvres, et dont certains ne disposent d’aucune autorisation réglementaire, sont la résultante de cette histoire humaine.

Or, en transformant le fil de la rivière en une succession de plans d’eau, les barrages et chaussées de moulin dégradent fortement la richesse écologique des milieux aquatiques. Les sédiments ne circulent plus et envasent les fonds ; les poissons ne peuvent plus accomplir leur cycle de vie. Les espèces communes aux étangs se développent au détriment des espèces d’eaux vives et de rivières.

De fait, le retour à un fonctionnement plus naturel des rivières est un enjeu majeur pour notre environnement. C’est à ce chantier important de restauration de la continuité écologique des cours d’eau que se sont attelés plusieurs acteurs du département depuis une décennie. Services de l’État, collectivités, agences de l’eau, associations, tous se relaient pour promouvoir ce nouveau regard sur nos rivières.

Dans le cadre de ce mouvement, des expérimentations ont été menées ces dernières années sur divers cours d’eau des Deux-Sèvres. Sur l’Argenton ou sur la Sèvre nantaise par exemple, des collectivités ont conduit des chantiers de retour à une rivière plus naturelle par l’aménagement de certains ouvrages voire leur suppression pour certains d’entre-eux, l’aménagement des berges et la plantation d’espaces boisés le long des cours d’eau. La dynamique naturelle de reconquête de ces milieux, au gré des saisons, conduit à un paysage différent, mais dont la richesse floristique et faunistique témoigne de l’amélioration des milieux et de la qualité de l’eau.

Pourtant, ces opérations ne sont pas sans susciter de nombreuses interrogations de la part des riverains , voire de l’inquiétude et de l’incompréhension. Cette nouvelle façon de gérer les rivières, à l’envers des actions du siècle précédent, bouscule les opinions et soulève des questions légitimes de nos concitoyens. Les acteurs engagés dans les démarches de continuité écologique s’attachent à répondre à ces craintes ainsi qu’à certaines idées reçues : « les crues vont augmenter, la défense contre les incendies est menacée, le débit va diminuer, les touristes vont s’en aller, etc ». Le retour des expériences passées permet ce dialogue à partir de situations concrètes.

Malgré les expérimentations encourageantes qui se multiplient, les inquiétudes des usagers et des riverains perdurent. L’ensemble des acteurs de l’eau entendent ces expressions qui, formulées avec plus ou moins de passion, n’en soulignent pas moins l’importance du sujet dans le cadre de l’aménagement local et la légitimité de tous à s’exprimer. Le dialogue doit donc se poursuivre, prendre le temps nécessaire et se tenir au plus près du terrain.

Dans ces débats, les services de l’État se montrent particulièrement vigilants du respect de chacun et de l’apaisement des conflits. L’État soutient bien entendu les actions des collectivités au nom des objectifs de l’atteinte du bon état écologique de l’eau. Mais il est aussi soucieux de la qualité des débats : une solution n’est durable et viable que si le plus grand nombre l’accepte et la comprend. À ce titre, l’État entend maintenir les conditions d’un dialogue constructif entre tous et donner tout le temps nécessaire à la concertation.

 -> voir la plaquette "Améliorer la continuité écologique des cours d'eau"