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Fête de la Terre à Échiré

 
 
La fête de la Terre à Échiré

Isabelle DAVID, préfet, a participé à la fête de la Terre à Échiré le 2 septembre

Discours d'Isabelle DAVID, préfet, pour la fête de la Terre à Échiré, le 2 septembre 2018 (seul le prononcé fait foi) :

"Je suis très heureuse d’être ici avec vous pour ce qui est pour moi la première fête de la Terre à laquelle j’assiste dans les Deux-Sèvres et je vous remercie de votre accueil.

L’agriculture est aujourd’hui fortement questionnée au regard des aléas d’un marché économique mondial qui pèse sur sa rentabilité et d’une évolution très rapide des valeurs sociétales. Ses pratiques sont aujourd’hui moins bien comprises du grand public  dont les liens avec le monde agricole sont aujourd’hui plus distants.

Aussi, cette manifestation revêt une grande importance. Elle est l’occasion pour chacun d’objectiver sur vos pratiques, vos difficultés et ainsi de valoriser aux yeux de tous le dynamisme qui caractérise votre secteur d’activité pour notre département rural. Je rappelle qu’il emploie localement 6 % de la population active soit une personne sur 15.

Cet événement est aussi un temps pour faire comprendre les grands enjeux auxquels nous devons répondre.

Dans votre métier plus que jamais, la communication est un outil essentiel dans une période où les critiques et contestations sont exacerbées. Cette manifestation est une occasion véritable de délivrer un message positif, empreint de perspectives pour le futur de l’agriculture et de l’alimentation.

Nos concitoyens, comme l’a dit le ministre de l’agriculture et de l'alimentation devant votre congrès le 7 juin dernier, attendent beaucoup de vous les agriculteurs, car vous êtes dans le quotidien des Français, dans leur intimité, même, tout simplement à l’occasion de chaque repas. Ils vous confient en somme leur alimentation, et au-delà une bonne part de leur santé. C’est aussi une preuve de confiance.

EAU

Le thème de l’eau, choisi aujourd’hui, est crucial. A ce titre, je salue les syndicats d’eau potable et toutes les structures qui ont répondu présent à votre appel. Je partage avec vous l’importance des préoccupations qui se rattachent à ce sujet :

  •  assurer en quantité et qualité l’alimentation en eau potable de tous,
  •  maintenir une place importante de l’agriculture dans l’activité économique de notre département, et qui ne peut exister sans un accès à l’eau tout en s’assurant de son meilleur usage.

Vous avez évoqué les difficultés rencontrées sur la question des réserves de substitution.

Je voudrais rappeler le travail de consultation de l’ensemble des parties intéressées à ce projet que nous conduisons actuellement. Nous approchons de l’échéance du 21 septembre que nous nous sommes collectivement fixée pour examiner les propositions de chacun.

Les volumes d’eau prélevés dans le milieu naturel du Marais Poitevin et de la Sèvre niortaise doivent être orientés, le plus rapidement possible, au bénéfice de l’ensemble des exploitants dont les usages sont considérés comme les plus adaptés aux attentes sociétales que nous connaissons et aux évolutions climatiques que nous envisageons.

Je suis persuadée que nous trouverons, ensemble, les meilleures solutions pour donner des perspectives à ce projet.

Cette question de l’eau souligne les profondes attentes de la société à votre égard. Elles englobent aussi :

  •  une utilisation toujours plus raisonnée et adaptée des produits phytopharmaceutiques;
  •  la protection de l’environnement pour les générations futures et la prise en compte du bien-être animal ;
  •  des gages d’une production alimentaire française de qualité.

C’est aujourd’hui l’occasion d’expliquer comment vous contribuez à tout cela tout en conciliant ces préoccupations avec la performance économique nécessaire à votre activité. 

RÔLE MAJEUR DANS LA CONTRIBUTION À L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

Il est important de pouvoir faire partager votre métier et vos bonnes pratiques, car ils sont tout simplement indispensables à l’existence de nos territoires.

L’agriculture française faisant face à un vieillissement important de sa population, le renouvellement de générations et la passation des savoir-faire sont des enjeux majeurs.

Néanmoins et comme l’a dit le ministre de l’agriculture et de l’alimentation le 7 juin dernier devant le congrès des Jeunes Agriculteurs, vous nous prouvez, en faisant le pari de ce métier, que notre agriculture est une force, une richesse, et a toujours autant de potentiel. Le ministre de l’agriculture et de l'alimentation veut vous voir retrouver un esprit de conquête, vous qui êtes tout à la fois acteurs économiques, alimentaires, et environnementaux de premier plan, aménageurs du territoire, gardiens des paysages et garants de la biodiversité.

Malgré un contexte plutôt morose, je veux donc souligner combien notre département est sur ce point dynamique. À l’échelle de la Nouvelle Aquitaine et du département, le nombre d’installations est stable depuis 2016. Les Deux-Sèvres figurent à la 2e place sur le podium régional de l’installation. En effet, nous enregistrons environ 70 installations aidées par an ces deux dernières années, ce niveau se maintient en 2018 dans une conjoncture peu favorable. Ces chiffres montrent combien ce secteur d’activité a du sens dans le département et combien les Deux-Sèvres ont un rôle à l’échelle nationale.

Nous comptons collectivement sur les jeunes gens pour perpétuer une activité agricole de premier ordre qui ne doit pas être obérée par la révision des Zones Défavorisées Simples.

Sortie des Zones défavorisées

Je sais l’impact qu’aura cette évolution sur l’enveloppe financière des aides de la PACPolitique agricole commune pour les 1 000 exploitations concernées ainsi que pour le montant de la « dotation jeune agriculteur » qui ne bénéficiera plus de la majoration propre à ce zonage. Néanmoins, il nous faut travailler à demain et utiliser l’avantage des bons indicateurs techniques et économiques dont nous bénéficions et qui sont la preuve du dynamisme dont vous avez fait preuve depuis l’instauration du premier zonage ICHN en 1976.

Les services de l’État, la profession agricole et le conseil régional travaillent à mettre en place ces nouvelles perspectives : quatre groupes de travail ont été constitués, conviant tous les acteurs du territoire, pour identifier les exploitants concernés et leur proposer un accompagnement individuel. Il sera ouvert à tous et doit être un temps, pour chacun, de réfléchir à son système de production. En parallèle, des réflexions ont été engagées sur la diversification et la valorisation au sein des filières traditionnelles, sur la promotion des circuits courts. Je note qu’aujourd’hui les organisateurs ont fait appel à des producteurs locaux pour proposer aux visiteurs une offre alimentaire complète : je les en félicite.

D’autres sources de revenus doivent aussi être exploitées ou renforcées. Elles concernent les énergies renouvelables bien sûr, ainsi que des perspectives comme l’agrotourisme, l’agroforesterie qui font également l’objet des réflexions en cours.

Ces évolutions, les pistes qui seront tracées, seront autant de leviers qu’il nous faut mobiliser pour maintenir la performance de notre agriculture départementale et pour véhiculer une image positive de l’agriculture du 21e siècle. Les jeunes agriculteurs que vous représentez Monsieur le Président, seront sans doute les mieux armés pour construire cet avenir dans lequel les Deux-Sèvres peuvent s’inscrire en précurseur.

 LA PACPolitique agricole commune

L’État met en œuvre d’importants moyens pour solder les MAEC /BIO 2016 (mesures agro-environnementales et climatiques et aides pour l’agriculture biologique). À l’échelle nationale, aujourd’hui, 30 % des engagements ont été traités. En Deux-Sèvres, c’est environ 50 %, et le rythme devrait s’accélérer. Le prochain versement pour 20 % des engagements sera visible sur les comptes aux alentours du 6 septembre. Viendra ensuite la régularisation des mesures 2017, attendue à partir de la fin d’année

En parallèle, l’instruction de la PACPolitique agricole commune 2018 est en cours et les acomptes sont programmés pour la mi-octobre 2018, soit un retour au calendrier dit « normal » que vous connaissez.

Enfin, l’actualité très récente est la mise en application depuis le 1er septembre du 6e Programme Régional Nitrates. Il est important de le souligner au regard de la thématique que vous avez choisie en fil conducteur de votre manifestation. Pour les Deux-Sèvres qui ont déjà une implication très forte dans les mesures environnementales, ce dont nous pouvons nous féliciter, les principales mesures sont dans la continuité du précédent programme et ne devraient pas exiger des adaptations trop importantes.

Félicitations pour toute cette organisation et les vocations qui seront suscitées chez les plus jeunes des visiteur"

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